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	<title>Gabcloutier&#039;s Blog</title>
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		<title>Gabcloutier&#039;s Blog</title>
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		<title>Une idée de cadeau pour les Fêtes</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 16:32:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contre-courant]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous cherchez une idée de cadeau ? Jouez haubois, résonnez musettes ! “Suicide, mode d’emploi”, indisponible pendant un temps, est à nouveau disponible urbi et orbi et je n’hésite pas, comme l&#8217;an passé, à en faire la promo  ! Notre bonne France fasciste autorise enfin la réédition de cet  opus désenchanté que le pied gauche révolutionnaire de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=283&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/11/sap-art-sapin-noel-design.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-287" title="Sapin design" src="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/11/sap-art-sapin-noel-design.jpg?w=315&#038;h=493" alt="" width="315" height="493" /></a>Vous cherchez une idée de cadeau ? </strong><br />
Jouez haubois, résonnez musettes ! “Suicide, mode d’emploi”, indisponible pendant un temps, est à nouveau <a href="http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=44">disponible</a> urbi et orbi et je n’hésite pas, comme l&#8217;an passé, à en faire la promo  !<br />
Notre bonne France fasciste autorise enfin la réédition de cet  opus désenchanté que le pied gauche révolutionnaire de notre exception culturelle pourra fouler tous les matins pour justifier son ennui et sa déconvenue de vivre encor’.</p>
<p><strong>Le droit au suicide : l’aventure sous garantie que … eh ! oh ! si ça fait mal, moi,  je joue plus, hein !</strong><br />
Vivre oui. Vivre bordel ! Prendre les risques de la vie ! Souffrance comprise ! Ca n’a pas l’air de vous plaire, messieurs les penseurs en quête de sujets ?! Vous voulez vraiment qu’on vous autorise à échapper à tout ça ? Qu’à cela ne tienne je vous autorise personnellement à cette soustraction. Mais pour moi, non. Très, très peu pour moi. Ma vie est jonchée de cadavres et d’absences, comprenez-vous, et si je décide de mourir je mourrai, oui. Tout seul, tout debout, librement et sans l’autorisation de papa, sans ses conseils mais en demandant pardon pour ma faiblesse. Noblesse de l’inutilité oblige…</p>
<p>“Ah, cher ami,  je voudrais vous y voir !”<br />
Eh bien justement non, mon cher, vous ne m’y verrez pas, car je refuse de me donner en spectacle pour le bon plaisir de votre idéologie de bistrot. Il en va de ma dignité. Celle qui m’autorise à écrire, là, en pleine vie, à la seconde où je vous parle et celle de rejoindre le fosse commune du temps en toute discrétion, en toute pudeur, et si vous le voulez même, à m’y étendre sans rien dire pour ne pas déranger les gens…</p>
<p>La subtilité de vos affects politico-pathologiques-post-modernes-neo-fascistes, s’articule pourtant autour d’une réthorique sans faille : c’est pô juste. Ripoliné de Montherlant et rafraichi de Chantal Sébire.<br />
Eh non, ben pour mô, c’est pô juste de donner le droit au suicide au vulgum pecus qui n’en demande pas tant. C’est pô juste, alors que les deux tiers de l’humanité réclament le droit de vivre et continuent à espérer pour certains, celui de dépasser les 40 ans, de réclamer le droit de mourir drapé dans votre dignité merdique. C’est pô juste, enfin, à l’heure où les hôpitaux français et leurs personnels soignants font <a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/26/morts-de-droite-ou-de-gauche-un-debat-indigne-par-renee-sebag-lanoe_1272244_3232.html" target="_blank">TOUT</a> pour accompagner dignement les mourants dans une mort digne, à l’aide de ces mots d’amour qui vous écorchent tant la bouche, et leur donner des nouvelles de la Vie et du Bon Dieu au fond même d’un coma prolongé. C’est indécent et dégueulasse. C’est de la provocation gratuite, de la désinformation démagogique, c’est du crachat en l’air. C’est la mécanique de l’extase franco-française (Thanks God, the French exist, s’exclame Woody Allen à le fin de Hollywood Ending, soulagé de trouver public à son film raté…), pire : c’est du sous-Baffie.</p>
<p>Avignon 2006. Thanks God aussi. Le clou d’Honneur. Il aura suffi que les uns et les autres se pissent dessus, que ça en dégoûte certains, fasse doûter de l’Art Contemporain, et qu’on s’en indigne dans la presse,… pour qu’aussitôt vous hurliez au chef d’oeuvre ! Traduction : on ne savait plus comment transgresser, choquer le bourgeois (mais lequel ?), retrouver ses vingt ans, et paf on a trouvé ! CQFD. Chapeau l’artiste. (Dans cet ordre d’idée je tiens en réserve deux ou trois manières -intelligentes- de me rendre définitivement célèbre dont je garantis sur billet d’entrée collector qu’elles sont aptes à barbouiller les estomacs les mieux accrochés…) (avec le meilleur mauvais goût de la terre, bien sûr et une mauvaise foi du même tonneau… sans haine, ni violence, etc, et mieux que notre Mesrine national -prononcer Mérine- que vous admirez tant : sans tuer personne, ni attenter à la mienne).</p>
<p>« Je voulais indiquer aux jeunes gens d’aujourd’hui qu’on les trompe, que la vie n’est pas un dilemme et qu’entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d’opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idioties et les platitudes de la « politique », et que c’est pour la vie qu’ils doivent opter, malgré l’attirance du suicide, individuel ou collectif, et de sa foudroyante logique scientifique. Il n’y a pas d’autres choix possibles. Vivre ! » a écrit Cendrars.<br />
Eh oui. La Vie est la Vie, Nom de Dieu ! Bouleversante et miraculeuse !</p>
<p>Ainsi donc, et trève de balivernes, le bon coup c&#8217;est <a href="http://boutique.ina.fr/cd/entretiens/entretiens-litterature/PDTINA001499/blaise-cendrars-en-bourlinguant.fr.html" target="_blank">ça</a><br />
4h25 de bourlingue, vie et mots d&#8217;emploi avec  Blaise Cendrars.</p>
<p><a href="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/11/cd_blaise_cendrars.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-294" title="cd_blaise_cendrars" src="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/11/cd_blaise_cendrars.jpg?w=275&#038;h=240" alt="" width="275" height="240" /></a></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/gabcloutier.wordpress.com/283/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/gabcloutier.wordpress.com/283/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/gabcloutier.wordpress.com/283/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/gabcloutier.wordpress.com/283/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/gabcloutier.wordpress.com/283/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/gabcloutier.wordpress.com/283/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/gabcloutier.wordpress.com/283/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/gabcloutier.wordpress.com/283/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/gabcloutier.wordpress.com/283/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/gabcloutier.wordpress.com/283/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/gabcloutier.wordpress.com/283/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/gabcloutier.wordpress.com/283/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/gabcloutier.wordpress.com/283/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/gabcloutier.wordpress.com/283/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=283&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les Danseurs de Corde</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 12:32:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contre-courant]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est tôt. Au programme, les causes de la défaite (ils ont gagné parce qu’on a perdu), la défection de la nageuse, les exactions des hooligans, le coup de boule de dernière minute, l’Épée de Damoclès de la relégation en deuxième divison, les fourches caudines de la honte*. Le ton est soucieux, préoccupé, hésitant, compassé, enthousiaste, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=280&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est tôt.<br />
Au programme, les causes de la défaite (ils ont gagné parce qu’on a perdu), la défection de la nageuse, les exactions des hooligans, le coup de boule de dernière minute, l’Épée de Damoclès de la relégation en deuxième divison, les fourches caudines de la honte*. Le ton est soucieux, préoccupé, hésitant, compassé, enthousiaste, volontaire, va-t’en-guerre, triomphant. Le propos est débité dans un sabir incertain, trébuchant, eructé, craché comme crachat, crachotté comme crachin, inaudible, saturé, à peine franglais. Sans le moindre sous-titre possible.<br />
Commentaires anxiogènes du commentateur agité.<br />
Le centième de seconde pathétique, le tir aux buts décisif, l’inutilité de la performance microscopique cent fois pulvérisée, mille fois atomisée. Micron après micron, nanoseconde après nanoseconde. La transcendance du pied qui transforme, car rien ne se crée sans qu’on l’espère. L’adrénaline à deux balles. L’apprentissage de la lutte contre X comme réalisation de soi. L’embrigadement sudatoire comme mode libératif. Sport macht frei. Choie et Ponne Humeur.</p>
<p>Tous les matins que Dieu ne fait pas pour ça, l’ennui bavard s’installe dans le poste, sur son gros derrière mou.</p>
<p>A ce langage comment ne pas préférer celui du Cirque et des Arts de la Rue ?<br />
Les acrobates, les prestidigitateurs, les équilibristes, les trapézistes, les jongleurs, les antipodistes, les sauteurs au tapis, les funambules, les contorsionnistes, les dompteurs, les clowns, les joueurs de verre, <a href="http://www.mecanique-vivante.com/contenu/base.html">les mécaniciens vivants,</a>, les bestiaires merveilleux, les pianos à poules, <a href="http://lesevolutionnaires.free.fr/pages/BIGOT/cvbigot.htm">le Petit Cirque de Laurent Bigot</a>… enfin, tout ce qu’on trouve dans <a href="http://www.horslesmurs.fr/-Goliath-.html">Le Goliath…</a></p>
<p><a href="http://lesevolutionnaires.free.fr/pages/BIGOT/cvbigot.htm"><img src="http://tatepupupa.unblog.fr/files/2008/04/bigotcv.jpg" alt="bigotcv.jpg" /></a></p>
<p><strong>Ethymologie</strong><br />
<em>Qu’est-ce que le sport ?<br />
Le terme de “Sport” a pour racine le mot de vieux français desport qui signifie « divertissement, plaisir physique ou de l’esprit ». En traversant la Manche, desport se mue en sport et évacue de son champ la notion générale de loisirs et d’esprit pour se concentrer sur les seules activités physiques.<br />
</em></p>
<p>* Trouvé sur un site :<br />
<em>Mais l’IRB et les pays professionnels ne veulent pas d’intégration (ni de l’Argentine, ni d’aucun autre pays) tant que le pays candidat n’aura pas franchi le <strong>Rubicon/fourches caudiennes</strong> du professionnalisme. C’est là qu’à mon avis réside le véritable problème. Car des pays non-professionnels ont fait des prestations tout à fait honorables en CDM et se classent pas trop mal au général de l’IRB. Ca fait tâche, mais on met en avant le problème des calendries désynchronisés car moins politique et moins conflictuel. Car, voyons la réalité bien en face: il y aura toujours des pays “pro” de 1è catégorie et puis des “pro” de 2è, 3è, 4è etc. (soit parce que la taille des Fédés respectives n’est pas aussi bonne, soit par manque de sponsors solides, etc.)</em></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/gabcloutier.wordpress.com/280/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/gabcloutier.wordpress.com/280/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/gabcloutier.wordpress.com/280/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/gabcloutier.wordpress.com/280/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/gabcloutier.wordpress.com/280/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/gabcloutier.wordpress.com/280/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/gabcloutier.wordpress.com/280/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/gabcloutier.wordpress.com/280/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/gabcloutier.wordpress.com/280/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/gabcloutier.wordpress.com/280/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/gabcloutier.wordpress.com/280/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/gabcloutier.wordpress.com/280/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/gabcloutier.wordpress.com/280/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/gabcloutier.wordpress.com/280/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=280&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Je mourra idiot</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 12:19:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contre-courant]]></category>

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		<description><![CDATA[La mort m&#8217;emmerde à proportion de mon incapacité à la concevoir. Il est difficile de s’exprimer sur un tel sujet et l’intimité nous interdit d’avoir un échange objectif sur ce thème pourtant universel auquel le bon sens le plus élémentaire ainsi que l’honnêteté suggèrent qu’aucune réponse valable ne peut être ni n’a été apportée à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=277&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/11/trompette.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-278" title="Trompette" src="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/11/trompette.jpg?w=300&#038;h=208" alt="" width="300" height="208" /></a></p>
<p>La mort m&#8217;emmerde à proportion de mon incapacité à la concevoir.</p>
<p>Il est difficile de s’exprimer sur un tel sujet et l’intimité nous interdit d’avoir un échange objectif sur ce thème pourtant universel auquel le bon sens le plus élémentaire ainsi que l’honnêteté suggèrent qu’aucune réponse valable ne peut être ni n’a été apportée à ce jour, tant par les croyances que par les incroyances.</p>
<p>La tête dans la lunette de la guillotine, je persiste à penser que la possibilité d’un au-delà est effective, tant la conception de sa propre mort et de la cessation de la pensée consciente est radicalement impossible !<br />
Car la conscience de la mort est un phénomène purement humain. C’est un prodige de la nature que d’avoir doté un être de cette épouvantable faculté “prophétique” dont on peut constater tous les jours que les animaux y échappent, sauf à l’heure où la mort arrive. La conscience de la durée et de la cessation de la durée.<br />
Certains disent ou pensent qu’il s’agit là justement d’une conquête de l’homme, et que la liberté est à ce prix.</p>
<p>Certains se prétendent esprits forts. Je veux bien que leurs esprits soient plus forts que le mien ! Mais je n’ai encore pas constaté que la force de leurs esprits leur permettaient d’avoir quoi que ce soit de plus que cette prétendue force elle-même ! A croire qu’il s’agit d’un trésor dont ils seraient détenteurs exclusifs (ainsi que quelques autres…) et auquel, pour cause de faiblesse, je n’aurais pas accès.<br />
Mais de quel trésor s’agit-il sinon d’une certitude qui se nourrit ponctuellement d’elle-même ?<br />
Etre fort, sans autre raison particulière que l’occasion qui est donnée là de se considérer comme tel et l’affirmer ? La force de ne pas céder à la tentation d’imaginer un au-delà dont l’inexistence serait fort décevante ? Ou encore celle, plus noble, d’assumer seul la douleur de la perte des êtres qui nous ont été chers ? A moins qu’il ne s’agisse d’une perte de confiance dans les cosmogonies pourtant couramment admises il y a deux siècles et qui chez nous se nommaient christianisme ? Une grande difficulté à croire en toutes les bondieuseries naïves dont on nous a gavés depuis notre enfance ? N’y a t-il pas également une sorte de conformisme à se prétendre athée, fort de l’esprit ou de la gueule ? Comme il y a rassurance auto-hypnotique à se croire immortel ?</p>
<p>Bon. Admettons.<br />
Droit dans ses bottes le capitaine coule avec le navire. Ca ne manque pas de panache.<br />
Un des raisonnement qu&#8217;on entend ordinairement concerne l’évolution. Le monde a évolué et l’homme s’est élevé, par hasard au début (scrutant la savane pour y guetter l’ennemi… mais ça n’est pas certain…) et volontairement ensuite, au-dessus de ses anciennes croyances. Un autre argument prétend que la croyance est inversement proportionnelle au niveau de vie. La religion (associée à tort avec la possibilité d’un au-delà) est l’opium du peuple. Etc.<br />
L’opium.. c’est déjà pas si mal et gratos en plus !<br />
Quant au niveau de vie, rien ne vient confirmer qu’en s’améliorant il fasse diminuer le nombre des croyants.</p>
<p>Ces raisonnements ne tiennent que dans un rapport de force à faible portée. Ils ne tiennent d’ailleurs pas plus que les raisonnements qui leur sont opposés.<br />
Et il n’est pas dans mon intention de remettre le couvert et ouvrir un débat stérile où chacun puisse y aller de son intîme conviction.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/gabcloutier.wordpress.com/277/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/gabcloutier.wordpress.com/277/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/gabcloutier.wordpress.com/277/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/gabcloutier.wordpress.com/277/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/gabcloutier.wordpress.com/277/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/gabcloutier.wordpress.com/277/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/gabcloutier.wordpress.com/277/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/gabcloutier.wordpress.com/277/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/gabcloutier.wordpress.com/277/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/gabcloutier.wordpress.com/277/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/gabcloutier.wordpress.com/277/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/gabcloutier.wordpress.com/277/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/gabcloutier.wordpress.com/277/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/gabcloutier.wordpress.com/277/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=277&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Trompette</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Frères humains qui après nous vivez&#8230;</title>
		<link>http://gabcloutier.wordpress.com/2009/11/07/frere-humains-qui-apres-nous-vivez/</link>
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		<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 07:12:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contre-courant]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a une petite chapelle romane à Champagne sur la nationale 86, entre Lyon et Tournon. Elle se trouve sur le trajet que j’empruntais lorsque nous habitions à Lyon il y a une vingtaine d’années et que je me rendais chaque semaine à mes répétitions musicales en Ardèche. Je m’y arrêtais souvent pour m’en [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=273&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a une petite chapelle romane à Champagne sur la nationale 86, entre Lyon et Tournon.<br />
Elle se trouve sur le trajet que j’empruntais lorsque nous habitions à Lyon il y a une vingtaine d’années et que je me rendais chaque semaine à mes répétitions musicales en Ardèche. Je m’y arrêtais souvent pour m’en imprégner et faire une pause. Cherchant des informations sur cette chapelle je me suis rendu compte qu’elle n’était alors pas répertoriée dans les ouvrages sur l’art roman. Mais elle l’est aujourd’hui.<br />
Le hasard a voulu qu’un jour je prenne des auto-stoppeurs sur ce chemin. C’était un couple de hongrois qui étudiait l’art roman.<br />
Sans les prévenir j’ai fait halte devant la chapelle.<br />
Ils n’en revenaient pas et en s’extasiant sur l’édifice ont décrypté pour moi le langage sculpté des pierres érodées, le seul vrai langage de la période romane, sans doute une des plus belles de notre histoire.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/gabcloutier.wordpress.com/273/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/gabcloutier.wordpress.com/273/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/gabcloutier.wordpress.com/273/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/gabcloutier.wordpress.com/273/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/gabcloutier.wordpress.com/273/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/gabcloutier.wordpress.com/273/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/gabcloutier.wordpress.com/273/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/gabcloutier.wordpress.com/273/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/gabcloutier.wordpress.com/273/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/gabcloutier.wordpress.com/273/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/gabcloutier.wordpress.com/273/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/gabcloutier.wordpress.com/273/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/gabcloutier.wordpress.com/273/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/gabcloutier.wordpress.com/273/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=273&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le Moyen Age Explique Aux Enfants</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Oct 2009 10:02:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contre-courant]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Moyen-Âge est d&#8217;abord une très longue durée : au moins dix siècles, 1000 ans ! Ensuite, son nom se prête à une double interprétation : pour les uns, cet « âge moyen » n&#8217;est pas une belle période, et ils s&#8217;en tiennent au « vilain Moyen-Âge », celui de la violence contre les juifs [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=270&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-271" title="698296_5095124" src="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/10/698296_5095124.jpg?w=171&#038;h=300" alt="698296_5095124" width="171" height="300" />Le Moyen-Âge est d&#8217;abord une très longue durée : au moins dix siècles, 1000 ans ! Ensuite, son nom se prête à une double interprétation : pour les uns, cet « âge moyen » n&#8217;est pas une belle période, et ils s&#8217;en tiennent au « vilain Moyen-Âge », celui de la violence contre les juifs et les hérétiques, des croisades contre les musulmans, d&#8217;un moment médiocre de la culture et des arts. Jacques Le Goff n&#8217;ignore pas ce Moyen-Âge-là. Mais pour les enfants, il en évoque aussi un autre, avec une compétence sans égale qui emporte la conviction : il y eut, et même avant tout, un « beau Moyen-Âge », avec des figures qui font toujours rêver les chevaliers &#8211; , des constructions magnifiques les châteaux forts et les cathédrales -, un goût partagé de la rencontre entre les hommes et les femmes pèlerinages, foires, marchés, fêtes religieuses et fêtes païennes-, des oeuvres de pensée étonnantes, des créations littéraires et des inventions musicales, un imaginaire ouvert au merveilleux. C&#8217;est au Moyen-Âge que naît l&#8217;Europe, avec la variété de ses nations mais aussi l&#8217;unité d&#8217;une chrétienté et d&#8217;une culture religieuse qui contenait en germe les idées modernes de démocratie et de laïcité.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/gabcloutier.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/gabcloutier.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/gabcloutier.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/gabcloutier.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/gabcloutier.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/gabcloutier.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/gabcloutier.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/gabcloutier.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/gabcloutier.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/gabcloutier.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/gabcloutier.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/gabcloutier.wordpress.com/270/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/gabcloutier.wordpress.com/270/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/gabcloutier.wordpress.com/270/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=270&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Le petit-déjeuner d&#8217;un homme ordinaire*</title>
		<link>http://gabcloutier.wordpress.com/2009/10/27/lau-dela/</link>
		<comments>http://gabcloutier.wordpress.com/2009/10/27/lau-dela/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 12:20:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chant]]></category>
		<category><![CDATA[Vers un nouveau paradigme]]></category>

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		<description><![CDATA[Petite fulgurance du matin. Il est impossible à un être humain d&#8217;imaginer le cessation de sa propre conscience. C&#8217;est-à-dire sa propre mort. Dans cette perspective l&#8217;au-delà s&#8217;impose naturellement comme la seule solution possible. Je ne suis pas le premier à y avoir pensé. D&#8217;autres l&#8217;ont fait avant moi. Reste à savoir depuis quand. Wikipédia devrait [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=225&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-231" title="Pioneer" src="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/10/pioneer1.jpg?w=300&#038;h=203" alt="Pioneer" width="300" height="203" /><strong>Petite fulgurance du matin.</strong><br />
Il est impossible à un être humain d&#8217;imaginer le cessation de sa propre conscience. C&#8217;est-à-dire sa propre mort. Dans cette perspective l&#8217;au-delà s&#8217;impose naturellement comme la seule solution possible. Je ne suis pas le premier à y avoir pensé. D&#8217;autres l&#8217;ont fait avant moi. Reste à savoir depuis quand.</p>
<p>Wikipédia devrait me donner quelques pistes. Recherche &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Au-delà" target="_blank">au-delà</a>&laquo;&nbsp;. Quelques généralités et ensuite ça :</p>
<blockquote><p><strong>Dans la préhistoire</strong></p>
<p>On peut considérer que les plus anciennes sépultures préhistoriques retrouvées (vers &#8211; 100 000 ans) constituent une bonne indication de l&#8217;existence de ce concept à cette époque. Des traces de rituels funéraires observées dès &#8211; 300 000 ans en constituent un indice, bien que ces pratiques puissent aussi être expliquées par un honneur rendu à la vie du défunt. L‘au-delà serait apparu ainsi dans les sociétés néandertaliennes et dans les premières sociétés de l&#8217;homme moderne. C&#8217;est au Paléolithique supérieur qu&#8217;apparaissent toutefois les indices les plus forts concernant le concept d‘au-delà et peut-être aussi d‘âme, avec les offrandes retrouvées dans les sépultures de cette époque.</p></blockquote>
<p>(je retiens quelques mots-clés : sépultures, honneur rendu à la vie du défunt, homme moderne, âme )</p>
<p>En bref : il y a donc 300 000 ans que les hommes croient en l&#8217;au-delà. Un bail.</p>
<p>Je ne sais plus qui, s&#8217;inscrivant en faux contre la célèbre formule : &laquo;&nbsp;L&#8217;homme est intelligent parce qu&#8217;il a une main&nbsp;&raquo;  simultanéise l&#8217;apparition de la culture, celle de la notion d&#8217;âme, celle de la conscience, celle de l&#8217;art, celle de l&#8217;ensevelissement et du culte des morts&#8230; Conception que je prends donc pour suffisamment plausible et évidente pour en faire une base solide de réflexion. Après tout pourquoi pas ? Pour comprendre le monde, c&#8217;est pas plus con que la théorie bourdivine des champs.</p>
<p>La première des conséquences en est la définition même de notre humanité : nous sommes &laquo;&nbsp;hommes&nbsp;&raquo; parce que nous ensevelissons nos morts, les respectons, leur adressons des offrandes, croyons dans l&#8217;au-delà, créons pour nos suivants, témoignons de notre propre existence, laissons des traces, sommes conscients de notre passé et de notre avenir, possédons une conscience qui nous le permet, sommes conscients de notre conscience, vivons dans des sociétés plus ou moins larges dont les membres sont obligatoirement pourvus des mêmes qualités et des mêmes avantages syndicaux minimaux etc. Pas besoin de sortir de Polytechnique pour en faire le constat : l&#8217;homme en tout entier compris et défini par sa conscience collective et individuelle et les oeuvres qui en découlent&#8230; et par l&#8217;impossibilité de concevoir les choses autrement.</p>
<p>J&#8217;en conclus que pour nous, hommes, l&#8217;absence d&#8217;éternité  - la cessation de la conscience &#8211; est inconcevable. Plus : que cette éternité est constitutive de l&#8217;être humain. Plus encore : que nous sommes bel et bien éternels et qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;alternative possible. Le tout restant de savoir ce que nous fabriquons ici-bas.</p>
<p>Et si  le désenchantement du monde n&#8217;était autre que la perte (provisoire) de  l&#8217;au-delà ?</p>
<p>Je sais que cela peut paraître incroyable, aberrant, absurde,<a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/idiot" target="_blank"> idiot</a>, simpliste ou scandaleux, mais je n&#8217;ai pas d&#8217;autre idée.</p>
<p>La deuxième des conséquences, c&#8217;est que tout est plié depuis le début. Une fois réglée la question de l&#8217;au-delà, le plus gros restait à faire : pourquoi ? Et tout le reste en découle.<br />
Mais, je donnerais bien quelques sous pour aller faire un tour  au Paleolithique supérieur&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><em>* Blumroch l&#8217;admirable ou le déjeuner du surhomme de Louis Pauwels, en <a href="http://humanisme.canalblog.com/archives/2008/05/26/9328591.html" target="_blank">Hommage à Jacques Bergier</a></em></p>
<p><em> * Écoute, petit homme !, de Wilhelm Reich<br />
(&laquo;&nbsp;Ecoute, petit homme ! Ils t&#8217;appellent &nbsp;&raquo; petit homme &nbsp;&raquo; , &nbsp;&raquo; homme moyen &laquo;&nbsp;, &nbsp;&raquo; homme commun &nbsp;&raquo; ; ils annoncent qu&#8217;un ère nouvelle s&#8217;est levée, &nbsp;&raquo; l&#8217;ère de l&#8217;homme moyen &laquo;&nbsp;Cela, ce n&#8217;est pas toi qui le dis, petit homme ! Ce sont eux qui le disent, les vice-présidents de grandes nations, les leaders ouvriers ayant fait carrière, les fils repentis des bourgeois, les hommes d&#8217;État et les philosophes. Ils te donnent ton avenir mais ne se soucient pas de ton passé. [...] Un médecin, un cordonnier, un technicien, un éducateur doit connaître ses faiblesses s&#8217;il veut travailler et gagner sa vie. Depuis quelques années, tu as commencé à assumer le gouvernement de la terre. L&#8217;avenir de l&#8217;humanité dépend donc de tes pensées et de tes actes. Mais tes professeurs et tes maîtres ne te disent pas ce que tu penses et ce que tu es réellement ; personne n&#8217;ose formuler sur toi la seule critique qui te rendrait capable de prendre en main ta propre destinée. &nbsp;&raquo; (Wilhelm REICH)</em></p>
<p><em><img class="alignleft size-full wp-image-244" title="main-chauvet" src="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/10/main-chauvet.jpg?w=213&#038;h=145" alt="main-chauvet" width="213" height="145" /><br />
</em></p></blockquote>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/gabcloutier.wordpress.com/225/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/gabcloutier.wordpress.com/225/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/gabcloutier.wordpress.com/225/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/gabcloutier.wordpress.com/225/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/gabcloutier.wordpress.com/225/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/gabcloutier.wordpress.com/225/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/gabcloutier.wordpress.com/225/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/gabcloutier.wordpress.com/225/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/gabcloutier.wordpress.com/225/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/gabcloutier.wordpress.com/225/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/gabcloutier.wordpress.com/225/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/gabcloutier.wordpress.com/225/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/gabcloutier.wordpress.com/225/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/gabcloutier.wordpress.com/225/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=225&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Pour une approche non réductionniste</title>
		<link>http://gabcloutier.wordpress.com/2009/10/24/pour-une-approche-non-reductionniste/</link>
		<comments>http://gabcloutier.wordpress.com/2009/10/24/pour-une-approche-non-reductionniste/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 09:38:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vers un nouveau paradigme]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour une approche non réductionniste Entretien réalisé par Mohammed Taleb Etudes orientales Nos 23/24 (2005,pp) 172-180. La Logique d’Aristote qui exclue le tiers et nous contraint en quelque sorte à penser contradictoirement, ne semble pas constituer la logique la plus féconde pour appréhender le « lien » entre cerveau et conscience, états neuronaux et états mentaux. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=205&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pour une approche non réductionniste</strong></p>
<p><em> Entretien réalisé par Mohammed Taleb Etudes orientales Nos 23/24 (2005,pp) 172-180.</em></p>
<div><em><br />
</em></div>
<p><strong><em><span style="color:#ffcc00;">La Logique d’Aristote qui exclue le tiers et nous contraint en quelque sorte à penser contradictoirement, ne semble pas constituer la logique la plus féconde pour appréhender le « lien » entre cerveau et conscience, états neuronaux et états mentaux. Dans vos travaux, vous essayez de mettre en relief le fait que la compréhension de cette problématique requiert un questionnement épistémologique particulier et, notamment, une nouvelle production conceptuelle. Que la subjectivité de l’humain ne puisse être traitée comme un « objet », mais, au contraire, qu’elle doive être comprise comme une profondeur irréductible à toute analyse réifiante, vous semble un bon rempart face au réductionnisme. Qu’elle sont les termes votre problématique ?</span></em></strong></p>
<p><strong>Jean-François Lambert</strong> : L’opposition entre monisme réducteur et dualisme séparateur n’est pas sans alternative. Une telle alternative suppose cependant l’abandon de la logique habituelle considérée naïvement comme « naturelle » au profit d’une logique autre, une logique de l’absence comme témoin d’une présence. La pensée, I’esprit, le sujet, ne sauraient être objectivement circonscrits et donc leur « présence » n’est pas à rechercher dans, ou à côté. des processus, mais dans l’impossibilité pour les processus de s’auto-justifier. Un certain nombre de travaux montrent en effet, la non-adéquation du mental conscient au neuronal formel autrement dit l’irréductibilité de la subjectivité au fonctionnement objectif du cerveau.</p>
<p>Parmi ces travaux, les expériences particulièrement spectaculaires de Benjamin Libet témoignent du fait que la conscience n’est pas réductible à ses conditionnements neurophysiologiques. Les faits rapportés par Libet montrent de façon flagrante que la thèse de l’identité psycho-neurale &#8211; tout comme celle du parallélisme &#8211; et plus encore celle de la réduction physicaliste, ne vont pas de soi. Les arguments cliniques que nous allons détailler ne constituent pas une démonstration de la réalité opérationnelle de la subjectivité. Ils contribuent à montrer que la question de la conscience constitue bien une réalité problématique. Il s’agit davantage pour moi de mettre en scène la manière dont la question de la conscience se pose que de prétendre y répondre autrement qu’en affirmant la conviction qu’il est vain de chercher à objectiver la subjectivité autrement que sur le mode de l’absence.</p>
<p><strong><em><span style="color:#ffcc00;">Pourriez-vous préciser davantage le contenu et la problématique de ces expériences qui, selon vous, semblent confirmer cette non identification entre processus neuronaux et processus de conscience, bien qu’une interaction subtile cohère les deux dans une même réalité ?</span></em></strong></p>
<p><strong>Jean-François Lambert</strong> : Les investigations de Libet concernent les modalités d’accès à la conscience d’un stimulus cutané. Ces expériences ont été réalisées au cours d’interventions neurochirurgicales (avec le consentement éclairé du sujet). Lorsque, pour des raisons liées à l’intervention elle-même le cortex est exposé, le patient peut être éveillé (le cerveau lui-même est indolore) et on peut lui demander de réagir à une stimulation électrique du cortex ou de décrire ce qu’il éprouve à ce moment.</p>
<p>Libet a d’abord montré qu’une stimulation répétitive (suite d’impulsions brèves) du cortex sensoriel était bien plus efficace pour évoquer une expérience perceptive qu’un stimulus unique qui, à ce niveau du cortex sensoriel, n’est généralement pas perçu. L’efficacité optimale d’une stimulation juxta-liminaire est obtenue avec une fréquence comprise entre 20 et 120 impulsions par seconde (la durée de chaque impulsion étant de l’ordre de 0,5ms).</p>
<p>Libet a également montré que la durée critique de l’impulsion susceptible de provoquer une expérience perceptive (souvent une paresthésie) est d’autant plus faible que le train d’impulsions est appliqué plus longtemps. Une stimulation maintenue au-delà de 0,5 seconde provoque une expérience perceptive continue à un niveau proche du seuil de perception, sans accroissement de la sensation. Dans le même temps les potentiels corticaux évoqués (localement) par la succession d’impulsions conservent une amplitude constante (Direct Cortical response ou DCR). Avec un tel train de stimuli juxta-liminaires l’expérience consciente ne survient donc qu’après un temps d’élaboration de la machinerie neuronale du cortex sensoriel supérieur à 0,5 seconde.</p>
<p>Pourtant un stimulus cutané unique de faible intensité peut être perçu aussi bien qu’un train de stimulations corticales. Compte tenu de ce qui précède Libet supposa alors que la perception d’un tel stimulus cutané devait nécessiter un temps d’élaboration corticale du même ordre de grandeur que celui enregistré précédemment (0,5sec.) et que donc l’expérience consciente de la stimulation cutanée devait en être retardée d’autant. Or, lorsqu’une brève impulsion électrique est appliquée sur la peau de la main (par exemple), le sujet n’est pas conscient de l’existence d’un tel délai entre la stimulation et sa perception qui semblent quasi contemporains. On sait que le temps nécessaire à la transmission de la périphérie cutanée vers les centres corticaux n’est, dans ce cas, que de l’ordre de 15 à 25ms comme en témoigne la latence des potentiels évoqués primaires. Libet développa alors toute une série d’expériences particulièrement ingénieuses pour résoudre cet apparent paradoxe.</p>
<p>Le premier protocole expérimental permet de tester l’hypothèse selon laquelle un stimulus cutané de faible intensité produit une sensation consciente après une période d’incubation comparable à celle nécessaire à la perception d’une stimulation corticale par un train d’impulsions juxta-liminaires (c’est-à-dire après un temps supérieur à 0,5sec.). S’il en était bien ainsi, un stimulus cutané appliqué au membre opposé à celui au sein duquel la stimulation corticale provoque une paresthésie, pendant la phase initiale du train de stimulations corticales (après le début de cette stimulation), un tel stimulus cutané devrait être perçu après celui correspondant à la stimulation corticale initiée en premier, or il n’en est rien : il est généralement perçu avant.</p>
<p>Libet montra ensuite, dans une seconde expérience, que le stimulus cutané juxta-liminaire n’est pas perçu quand la stimulation corticale est appliquée 0,2 à 0,5 sec. après le stimulus cutané en question (choc unique), dans la zone de projection du membre stimulé. Ce masquage rétroactif suggère qu’un stimulus cutané de faible intensité n’est éprouvé consciemment qu’après un travail d’élaboration corticale d’une durée comprise entre 0,2 et 0,5 sec. Pourtant l’expérience précédente semble totalement incompatible avec l’existence d’une période d’incubation aussi longue.</p>
<p>Le dernier protocole expérimental permet de résoudre cette apparente contradiction mais soulève de nouveaux problèmes encore bien plus considérables. Il est établi que lorsque deux stimuli cutanés sont appliqués à quelques secondes d’intervalle, leur intensité relative est reconnue par le sujet avec une précision étonnante. Après cette étape préliminaire la situation-test consiste à appliquer deux stimuli cutanés identiques suivis d’une stimulation corticale administrée entre 0,2 et 0,6 sec. après le second stimulus cutané. Dans de telles conditions le sujet rapporte trois expériences perceptives : la première consécutive au premier stimulus cutané, puis au second stimulus cutané et la troisième consécutive à la stimulation corticale. Cependant le second stimulus cutané apparaît tantôt plus intense que le premier (auquel il est pourtant physiquement identique) tantôt plus faible.</p>
<p>L’accroissement rétroactif de la perception subjective du second stimulus cutané peut encore survenir alors que la stimulation corticale ne démarre que 0,6 sec. plus tard. Puisque l’expérience consciente du second stimulus cutané peut être modifiée par une stimulation corticale initiée 0,2 à 0,6 seconde après l’application de ce dernier, il peut être conclu que les événements neuronaux associés à la perception du second stimulus doivent se prolonger d’autant afin de permettre l’élaboration d’une activité neuronale ad hoc dans le cortex cérébral. Ainsi, le délai d’activation corticale serait bien comparable à celui constaté dans le cas de la stimulation directe du cortex. Pourtant, comme le prouve la première expérience décrite, la stimulation cutanée n’est pas perçue après un tel délai mais après seulement quelques dizaines de millisecondes (bien que cette perception puisse être affectée par une stimulation administrée postérieurement dans un délai de 0,2 à 0,6 seconde !).</p>
<p>Afin de rendre compte cet ensemble de résultats paradoxaux Libet développa l’hypothèse hardie selon laquelle, bien qu’un stimulus cutané unique de faible intensité requiert jusqu’à 0,5 sec. d’activation corticale avant d’être éprouvé, il serait en fait antidaté afin d’apparaître contemporain du potentiel évoqué cortical primaire. Evidemment cette solution laisse encore plus perplexe que le paradoxe d’origine. Quel pourrait être le mécanisme perceptif d’un tel antidatage ? L’hypothèse de Libet est pourtant bien corroborée par ses expériences, en particulier par le fait que les stimuli cutanés faibles sont éprouvés seulement après une période comprise entre 0,2 et 0,5 secondes nécessaire à l’élaboration corticale des patterns spatio-temporels requis par l’expérience consciente.</p>
<p>Dans une expérience complémentaire Libet stimule, non plus la périphérie cutanée ou le cortex cérébral, mais la voie nerveuse qui conduit de l’une à l’autre (lemniscus médian et thalamus ventropostérolatéral) qui produit un potentiel évoqué équivalent à celui initié par une stimulation cutanée, mais qui &#8211; si la stimulation est faible &#8211; requiert d’être répétitive pour être détectée, comme c’est le cas pour la stimulation corticale. Cependant, bien qu’un train de stimuli soit requis, le moment de l’expérience subjective de la stimulation est antidaté au début du train de stimuli vraisemblablement en lien avec l’apparition du potentiel évoqué primaire (comme dans le cas d’une stimulation cutanée). Il faut noter également que la stimulation répétitive juxta-liminaire du cortex produit une réponse corticale faible et diffuse qui est très différente du potentiel, ample et bien individualisé, évoqué par la stimulation de la voie afférente.</p>
<p>En résumé, toutes ces expériences montrent qu’il existe bien un délai d’élaboration des patterns neuronaux associés à l’expérience consciente d’un stimulus cutané comme à celle d’une stimulation corticale de faible intensité (délai de l’ordre de 0,5 sec.), alors que, dans le cas de la stimulation cutanée, le moment réel de la perception est contemporain de l’arrivée des influx sensoriels au niveau du cortex (ce dont témoigne le potentiel évoqué primaire), soit seulement 15 à 25 ms après l’application du stimulus. Ainsi, dans tous les cas, la durée du travail d’élaboration cortical de la sensation consciente serait de l’ordre de 500ms bien que la stimulation cutanée soit réellement perçue seulement après 15 à 25 ms.</p>
<p><em><strong><span style="color:#ffcc00;">Pourriez-vous nous dire en quoi ces expériences autorisent, et valident en quelque sorte expérimentalement, cette approche tiers inclus qui récuse à la fois le réductionnisme qui assimile l’état mental à un état neuronal et le dualisme qui disqualifie toute interaction ?</span></strong></em></p>
<p><strong>Jean-François Lambert</strong> : Ces recherches menées depuis presque un demi-siècle par Benjamin Libet sont parmi celles qui ont le plus contribué à renouveler l’approche expérimentale de la question du libre-arbitre et plus généralement celle de la conscience. Ces recherches s’inscrivent &#8211; ni plus, ni moins que tout autre &#8211; dans un cadre conceptuel justifié par un certain nombre d’a priori, de convictions, d’intuitions dont il est impossible au chercheur de rendre compte formellement mais qu’il convient de ne pas ignorer. Ainsi, Libet fait sienne l’idée selon laquelle l’un des principaux objectifs des neurosciences est de comprendre la relation cerveau-pensée ou, plus modestement, de mettre en évidence les bases neurales de l’expérience consciente. Pour mener à bien une telle investigation il faut d’abord, pense-t-il, disposer de critères opérationnels qui soient suffisamment valides. C’est pourquoi, selon lui, le phénomène de l’expérience consciente doit être étudié directement (subjectivement) si l’on veut espérer des réponses significatives au problème posé. En l’absence d’accès direct (par l’observation) au vécu conscient d’un sujet nous devons donc accréditer le témoignage de sa propre expérience introspective.</p>
<p>Toute la démarche de Libet repose sur l’idée que la conscience ou l’expérience subjective ne sont effectivement accessibles qu’introspectivement par le sujet éprouvant l’expérience en question. C’est un phénomène fondamental, pense-t-il, dont la nature ne peut être définie par aucun autre événement extérieur observable qu’il soit moléculaire ou comportemental. Il est cependant évident qu’il existe une relation intime et définissable entre les processus nerveux et l’expérience consciente. Toutefois, insiste Libet, même une connaissance complète des processus neuronaux observables dans le cerveau d’un autre individu ne saurait en soi nous dire ce que, en tant que sujet, cet individu éprouve ou ressent.</p>
<p>Ainsi, il n’y a pas de règles a priori gouvernant les relations entre les événements mentaux conscients et les événements cérébraux. Le phénomène de référage subjectif d’une expérience sensorielle dans sa dimension spatiale illustre ce principe. La configuration spatiale d’une image sensorielle subjectivement éprouvée est, par exemple, considérablement différente de la configuration des activités neuronales qui, dans le cerveau, accompagnent et représentent les informations sensorielles donnant naissance aux images visuelles. Ce que nous voyons subjectivement est significativement différent du pattern neuronal de l’image perçue. Nous ne voyons pas une représentation dans notre cerveau mais quelque chose dans le monde. La représentation cérébrale constitue déjà une distorsion spatiale de l’image formée sur la rétine.</p>
<p>Pourtant, subjectivement l’image est référée à la source de l’input d’une façon telle que la distorsion neuronale soit corrigée. La stimulation électrique directe du cortex sensoriel primaire apporte une démonstration décisive de l’existence d’un tel processus de référage. Une stimulation appliquée à la portion latérale de la circonvolution post-centrale (pariétale ascendante1, produit une sensation qui est ressentie non pas au niveau du site cortical stimulé mais subjectivement référée au membre opposé à la représentation corticale (comme le montrent les expériences décrites précédemment). Ainsi, toujours selon Libet, une connaissance complète de la représentation neuronale ne saurait donc, sans être validé par le témoignage du sujet, nous dire le lieu et la nature de la sensation en train d’être subjectivement vécue par lui.</p>
<p>Pour Libet, les résultats de ses expériences indiquent clairement qu’il existe une différence entre le moment où l’activité neurale est adéquate pour produire une expérience subjective et le moment de l’expérience subjective elle-même. Ainsi, la relation entre l’expérience subjective et l’activité neuronale n’est donc pas déductible a priori de l’observation physique du cerveau et « il n’y a pas d’explication logique des rapports entre le niveau neural et le niveau mental ». Libet croit même pouvoir affirmer que « l’expérience subjective de la conscience et les processus neuronaux sont phénoménologiquement indépendants ». Bien que compatibles avec différentes interprétations ses résultats sont, en effet, difficiles à concilier avec la thèse de l’identité psycho-neurale comme avec celle du parallélisme psychophysique. Ils ne contredisent pas l’existence d’une relation entre le niveau neural et le niveau mental mais impliquent « qu’une connaissance complète des événements neuronaux ne permet pas, en soi, de décrire ou de prédire l’activité mentale (l’expérience consciente) ». Ces expériences, particulièrement spectaculaires, dont – je le répète &#8211; l’interprétation reste largement ouverte, témoignent pour le moins, du fait que la conscience ou l’expérience subjective ne sont pas réductibles à leurs conditionnements neurophysiologiques. L’intérêt philosophique majeur du travail de Libet ne réside pas, selon nous, dans la tentative d’explication &#8211; parfaitement contestable &#8211; du processus d’accès à la conscience qu’il propose mais plutôt dans le fait qu’il met en défaut la thèse identitaire et relance un débat que le scientisme avait prétendu clore en éliminant toute forme subjectivité. Au demeurant, même si la science n’a pas à s’opposer à la revendication d’existence d’un sujet pensant capable d’accueillir les dons de l’Esprit, même si elle peut éventuellement contribuer à légitimer cette revendication, elle n’a ni la vocation, ni les moyens de la satisfaire.</p>
<p><strong><em><span style="color:#ffcc00;">L’épistémologue américain Thomas Khun, en utilisant la notion de paradigme, dans son essai de proposer une socio-philosophie de l’histoire des sciences, a, en quelque manière, réhabilité la question du sens, trop souvent évacué, car suggérant que la science, dans son effort de description du monde, ne serait pas autosuffisante. Comme poser la question du sens dans le champ des sciences cognitives et neurophysiologiques ?</span></em></strong></p>
<p><strong>Jean-François Lambert</strong> : Nombreux sont les scientifiques qui pensent que la question du sens est sans valeur pour la science dans la mesure où celle-ci prétend donner du réel une description complète et adéquate fondée seulement sur l’enchaînement causal des phénomènes. C’est en particulier le cas de la majorité des neurobiologistes dont beaucoup estiment que l’homme n’a désormais plus rien à faire de l’Esprit et que le sens ne peut jouer, pour la science, qu’un rôle comparable à celui dévolu jadis au phlogistique ou à l’éther, en attendant de connaître le sort qui fut le leur. Pour J. P. Changeux « seule une épistémologie matérialiste forte » est compatible avec une « position naturaliste dénuée de tout recours à une quelconque métaphysique ». C’est pourquoi selon lui, l’identité entre états mentaux et états physiologiques ou physico chimiques du cerveau s’impose en toute légitimité. Outre l’évidente contradiction interne que recèle une telle prétention au neutralisme métaphysique on ne peut que se demander au nom de qui, au nom de quoi le neurobiologiste s’autorise à revendiquer un tel magistère ? La science peut-elle, sans transgresser ses principes, affirmer sa propre suffisance ?</p>
<p><em><strong><span style="color:#ffcc00;">D’une certaine manière, ce qui est en jeu, c’est de sortir de cette alternative réductrice qui nous contraint de choisir entre la raison et l’irrationnel. Le sociologue Edgar Morin dit, très justement, que la véritable alternative sépare la « raison close », qui fut celle du modèle scientiste de la connaissance, de la « raison ouverte », qui précisément est celle qui permet de poser cette question du sens.</span></strong></em></p>
<p><strong>Jean-François Lambert </strong>: Les succès de la science sont en effet tributaires d’une réduction de la réalité à ses seuls aspects réputés objectifs et le scientisme consiste précisément à nier ce qui a été mis entre parenthèses. Une telle occultation de l’opération de clôture constitutive du champ du savoir scientifique entraîne la fermeture sur soi de l’exigence critique de la science. Cette « amnésie des conditions initiales » conduit inévitablement au discrédit de toute autre forme de connaissance (que la connaissance « scientifique »), au refus de toute inhérence, au déracinement de l’homme, à la rupture entre l’ordre des valeurs et l’ordre des faits. Pourtant il n’y a pas de donation a priori de la méthode scientifique mais des conditions subjectives de l’objectivité. La science ne peut administrer la démonstration de ses propres convictions. Ainsi le discrédit de l’esprit et du sens véhiculé par certains scientifiques repose sur une extension illégitime du paradigme de la science expérimentale à des domaines de la réalité dont elle s’est à priori interdit l’accès.</p>
<p>En outre, les contraintes imposées à la connaissance par la méthode scientifique sont telles qu’on ne saurait aujourd’hui réduire le Réel à une description prétendument objective de la réalité sensible. L’avènement, dans le champ de la rationalité, des notions d’incertitude, d’incomplétude, exprime l’irréductibilité du Réel à la mesure que nous en prenons. Une telle limitation témoigne selon nous, non d’une insuffisance intrinsèque du Réel mais d’un manque constitutif du sujet connaissant, d’une absence fondatrice qui ouvre au-delà (en deçà) de la connaissance scientifique un espace offert à la question du sens. En tant que telle cette question n’est donc pas étrangère à la rationalité. Il est au contraire scientifiquement valide de se la poser.</p>
<p><strong><em><span style="color:#ffcc00;">Dans la perspective de l’islam, le mystère, al ghayb, et la transcendance, tanzih, sont au cœur même de la quête de sens. Si le monde et la vie intérieure sont constitués de signes, ayât, qui renvoie au Principe, celui-ci ne se laisse jamais saisir par la rationalité discursive : le Principe échappe à toute saisie, demeure hors de portée de nos objectivations. Mais dans la mesure où ce Principe transcendantal se situe au cœur même de ce qui émane de lui, au cœur de chaque parcelle de sa création, celle-ci demeure, à son tour, inobjectivable en dernière instance. Le théologique, l’anthropologique et le cosmologique se trouve en quelque sorte entrelacés dans une perspective apophatique. La philosophie apophatique (ou via negationis) se voulant indétermination du Principe, théologie négative (on ne peut rien dire de l’essence de Dieu) et anthropologie négative (on ne peut rien dire de l’essence de l’humain).</span></em></strong></p>
<p><strong>Jean-François Lamber</strong>t : Reconnaître que quelque chose est formalisable c’est aussi reconnaître que quelque chose de cette chose échappe nécessairement. La formalisation serait impossible si elle n’impliquait pas que quelque chose échappe. Tout ensemble de traces (toute écriture, tout langage, tout système formel, toute mesure) suppose un insu qui, précisément, ne laisse pas de trace mais se manifeste dans les blancs de l’écriture. Le socle même de l’écriture ne peut s’écrire comme le socle du langage ne peut se dire, comme le socle de la logique formelle ne peut se formaliser. Bien que ne pouvant ni s’écrire, ni se dire, le fondement se montre dans l’acte de parole ou d’écriture. Il désigne ce que je dois d’emblée admettre pour que la connaissance soit possible. En fait, élaborer une théorie de la connaissance, c’est élaborer une théorie de ce qui nous échappe et quand on parle de ce qui échappe on en parle toujours à côté. On peut affirmer que quelque chose échappe mais on ne peut pas dire ce qui échappe.</p>
<p>Aucun ensemble de traces n’est donc absolu et aucun discours ne peut s`affranchir du fait qu’il n’est pas complet. On se sert cependant de ce qu’ on ignore parce qu’ on peut l’ effectuer en acte. Mais ce qui est de l’ordre de l’effectuation n`est pas formellement décelable. Puisque la construction initiale est fondée sur l’hypothèse que les blancs ne sont rien, il est impossible de montrer qu’ils sont quelque chose dans ce système. Les blancs n’existent en fait qu’assumés. Toute écriture et tout discours suppose donc un sujet mais ce sujet ne laisse pas de trace. Or, il est toujours possible de nier l’existence de ce qui ne laisse pas de trace. Comment penser alors l’existence d’un sujet qui échappe ?</p>
<p><em>Entretien réalisé par Mohammed Taleb</em></p>
<p><em> Etudes orientales Nos 23/24 (2005,pp) 172-180.</em></p>
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		<title>Déclaration du Professeur Bernard d’Espagnat</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 09:26:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vers un nouveau paradigme]]></category>

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		<description><![CDATA[Déclaration du Professeur Bernard d’Espagnat lors de la conférence de presse annonçant le nom du lauréat 2009 du Prix Templeton Mesdames, Messieurs, Permettez-moi d’abord d’adresser à la fondation John Templeton mes remerciements les plus chaleureux. Et de dire ici à son président combien je me sens honoré par l’attribution de ce prestigieux prix visant à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=203&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Déclaration du Professeur Bernard d’Espagnat lors de la conférence de presse annonçant le nom du lauréat 2009 du Prix Templeton</p>
<p><strong>Mesdames, Messieurs,</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Permettez-moi d’abord d’adresser à la fondation John Templeton mes remerciements les plus chaleureux. Et de dire ici à son président combien je me sens honoré par l’attribution de ce prestigieux prix visant à récompenser un effort réflexif touchant à la dimension spirituelle de l’existence. Honoré et en même temps un peu confus, et en tout cas très pénétré d’humilité.</strong></p>
<p>Car, si je partage entièrement la grande idée directrice de Sir John Templeton &#8211; celle qu’il n’est guère de questions plus importantes à long terme que celles relatives à la spiritualité et à son évolution &#8211; je vois aussi combien ces matières sont délicates. Combien facilement on s’y perd. Je n’hésiterai pas cependant à vous faire part de mon éclairage propre sur elles. Mais pour que celui-ci ne vous paraisse pas arbitraire nous devrons faire d’abord un tout petit détour par la physique. N’ayez crainte, nous nous limiterons au strict essentiel !</p>
<p>Comme vous le savez tous, le siècle dernier a vu l’avènement de la physique quantique. Ce fut une avancée fondamentale. Il n’est pas abusif de dire qu’on retrouve les axiomes de cette physique au coeur de toutes les disciplines de pointe d’aujourd’hui. Le changement fut énorme. Quel en fut le trait essentiel ? J’estime pour ma part qu’il a consisté en ceci : la physique pré-quantique &#8211; qu’on appelle &laquo;&nbsp;physique classique&nbsp;&raquo; &#8211; était descriptive alors que la physique quantique est prédictive, et plus exactement prédictive d’observations. Je m’explique. La physique classique est essentiellement celle qui nous a été enseignée au lycée.</p>
<p>D’ailleurs à juste titre : c’est la plus simple, elle sert de fondement à la plupart des technologies, et il faut se garder de tout embrouiller. Dire qu’elle est descriptive signifie simplement qu’on y tente de décrire la réalité telle qu’elle est. On dit qu’il existe des corps matériels. On dit qu’il existe des champs, électrique et magnétique. A toutes ces choses on associe des symboles mathématiques qu’on dit obéir à certaines lois. Et ce n’est qu’ensuite que, de ces lois, on déduit certaines conséquences expérimentalement vérifiables, dont la vérification corrobore a posteriori les lois en question.</p>
<p>Mais, pour essentielle qu’elle soit, cette dernière étape, la vérification par l’observation, n’en est pas moins extérieure à la théorie : en droit, on peut parfaitement exposer cette théorie sans du tout se donner la peine de dire en quoi consistent les expériences qui permettent de la vérifier.</p>
<p>Quand ils ont affaire à une théorie comme celle-là, fondée sur l’idée que les choses dont elle parle existent réellement par elles-mêmes, que nous les voyons ou non, que nous les appréhendions ou non, les philosophes, qui aiment bien donner des noms bizarres aux idées simples, disent parfois &#8211; et j’adopterai cette convention &#8211; qu’elle est conforme au réalisme transcendantal. Comme vous le voyez, en dépit de son nom un peu ésotérique le réalisme transcendantal est une conception tellement naturelle qu’elle paraît dictée par l’évidence et le bon sens.</p>
<p>Or, si étrange que cela paraisse, quand on essaye de présenter la physique quantique de cette manière, c’est à dire en mettant l’accent sur l’existence dans l’espace de réalités correspondant aux symboles mathématiques que la théorie utilise pour ses prédictions, on tombe sur les pires difficultés.</p>
<p>Je n’irai pas jusqu’à dire que ces difficultés sont insolubles. Mais je constate qu’en ce domaine, étudié en tous sens depuis que la physique quantique existe, aucune conception n’a été suffisamment crédible pour s’imposer. Et dans le même ordre d’idées je constate aussi que, dans la théorie, la notion même de choses existant par elles-mêmes, dans l’espace, séparément les unes des autres, tend à s’effacer.</p>
<p>A s’effacer au profit d’une certaine globalité qui n’apparaît pas au regard mais se cache dans les équations. Tout cela est plutôt déconcertant. Et pourtant la physique quantique existe. Dans le domaine de la prévision d’observations elle vole de succès en succès. Et ces succès, finalement, s’expliquent très bien. Ils s’expliquent par le fait que, justement, la manière la plus simple et la plus cohérente de faire connaître la mécanique se trouve être d‘exprimer ses principes fondamentaux non plus sous la forme d‘énoncés s’appliquant à des entités mais directement sous celle de règles de prédiction d’observations.</p>
<p>Personnellement j’en infère, comme je le disais, que la physique quantique n’est pas descriptive mais seulement prédictive d’observations. Et vu son caractère central, au coeur de quasiment toutes les disciplines scientifiques, je n’hésite pas à dire la même chose de la science elle-même. A dire que, en toute dernière analyse, celle-ci a pour objet, non la description du réel tel qu’il est en soi, mais la prédiction de ce qu’on verra dans telle ou telle circonstance. Tout bien pesé, j’estime donc qu’il faut abandonner cette conception apparemment si évidente et pleine de bon sens que nous avons appelée le réalisme transcendantal. Je pense que dans leur ensemble nos connaissances scientifiques ne portent pas sur la réalité-en-soi &#8211; alias &laquo;&nbsp;le réel&nbsp;&raquo;, le &laquo;&nbsp;fond des choses&nbsp;&raquo; &#8211; mais seulement sur la réalité empirique, c’est à dire finalement sur l’image que, vu sa structure et ses capacités finies, l’esprit humain est amené à se former de la réalité-en-soi. Et compte tenu de cette globalité cachée dont je parlais je dirai même qu’il faut abandonner l’idée que les objets, élémentaires ou composés, existent en eux-mêmes, à chaque instant, en un lieu donné de l’espace.</p>
<p>Il semble qu’il soit plus vrai de dire que si nous les voyons ainsi c’est parce que la structure de nos sens nous conduit à percevoir le réel de cette manière. Cette façon de voir n’est certes pas partagée par l’ensemble des scientifiques. Vous remarquerez cependant qu’elle est très loin de m’être personnelle. D’une part elle rejoint les vues de plusieurs neurologues actuels de premier plan, spécialistes de la cognition. Et d’autre part ses grandes lignes rappellent celles du kantisme, qui furent adoptées par bien des philosophes et par nombre de physiciens, dont Henri Poincaré est, en France, le plus connu.</p>
<p>Ce que je viens en somme de vous montrer c’est simplement qu’aujourd’hui elle reçoit indirectement l’appui de la plus féconde des grandes théories physiques fondamentales, ce qui, évidemment lui confère un poids encore plus grand. J’ajoute cependant que sur un point je me sépare quand même de Kant, et peut-être également de Poincaré. Il s’agit du fait que, si mon analyse de la physique m’éloigne ainsi du matérialisme elle ne fait pas de moi un philosophe idéaliste. Je suis pleinement d’accord avec le gros de ma famille scientifique pour dire que tout ne se réduit pas à des idées que nous avons.</p>
<p>Je tiens pour évident que quelque chose nous résiste : un fond des choses qui toutefois se situe tellement au delà de tous nos concepts, familiers ou mathématiques, que les phénomènes &#8211; ceux que nous percevons et ceux que la science nous décrit &#8211; ne permettent pas de le déchiffrer. Ils ne nous donnent sur lui que de vagues lueurs. Je voudrais maintenant attirer votre attention sur le fait que si cette conception est juste elle a deux conséquences importantes.</p>
<p>La première est que si vraiment c’est notre esprit qui, du fait de sa structure propre, découpe les objets au sein du &laquo;&nbsp;fond des choses&nbsp;&raquo;, il devient impossible de se représenter l’esprit comme une émanation de tels ou tels de ces objets. Si l’on veut conserver cette notion d’émanation on peut seulement dire que l’esprit émane &laquo;&nbsp;du fond des choses&nbsp;&raquo;. Comme nous allons immédiatement le voir, la nuance est très loin d’être négligeable. En effet, et c’est là la seconde conséquence que j’annonçais, il est évident que ce réel, ce fond des choses, dont nous parlons n’est pas une chose.</p>
<p>Il est assurément au delà de l’espace et sans doute aussi du temps. Appelons-le l’Etre si vous voulez. Ou encore &laquo;&nbsp;l’Un&nbsp;&raquo;, suivant Plotin. Puisque la science ne peut rien nous dire quant à sa nature, il est évident qu’elle ne peut nous dire ce que cette nature n’est pas. Et, de même, elle ne peut pas exclure que d’autres activités de l’esprit fournissent, elles aussi, sur lui quelques imprécises lueurs. Ce point est important car il fait justice de l’idée qu’il y aurait d’une part la science, qualifiée et seule qualifiée pour atteindre le fond des choses, et d’autre part l’art, la musique, la poésie etc. confinés au seul agrément.</p>
<p>Je crois qu’intuitivement la plupart des passionnés de grande musique, d’art ou de poésie, ont toujours écarté cette idée là. N’ont-ils pas, eux aussi, le sentiment très fort &#8211; pour certains même la conviction &#8211; que, par delà le simple plaisir, les émotions ressenties en ces occasions leur ouvrent comme une fenêtre sur un &laquo;&nbsp;quelque chose&nbsp;&raquo; d’essentiel ? S’agit-il d’un savoir ? Non certes. Je ne prétends aucunement que, du seul fait qu’il éprouve ce sentiment, l’auditeur de Beethoven ou le spectateur de la Vue de Delft acquiert un savoir de même nature que le savoir scientifique. Et d’ailleurs, par essence, les émotions artistiques impliquent le sentiment d’un domaine mystérieux qu’il ne nous est permis que d’entrevoir.</p>
<p>La différence avec la science &#8211; qui elle, dans son domaine propre, dissipe vraiment les mystères &#8211; est manifeste. Seulement voilà ! Rappelons-nous que selon ma conception le domaine en question, celui de la science, n’est pas le fond des choses, c’est la réalité empirique, autrement dit les phénomènes : tout ce que nous pouvons ou que nous pourrions observer dans n’importe quelles circonstances. Dans ce domaine là la science est reine. Elle et elle seule nous en fournit un vrai savoir. En revanche, lorsqu’il s’agit du fond des choses la science n’a aucun privilège de cette espèce. A son sujet, comme les autres &laquo;&nbsp;modes d’approche&nbsp;&raquo; dont je parlais, elle ne peut fournir, positivement du moins, que des indications, pas un savoir.</p>
<p>Il est vrai que, même là elle a un rôle négatif très appréciable, car elle nous invite fortement à écarter bien des tentatives trop naïves de représentations de ce fond des choses. C’est très important, mais non révélateur de l’ultime réalité. J’ai promis d’évoquer la spiritualité, et ce que nous venons de voir relativement à la sensibilité artistique ou littéraire me facilitera la tâche. En effet, la spiritualité a en commun avec elles de, comme elles, reposer en partie &#8211; mais cette partie est essentielle ! &#8211; sur l’affectivité, autrement dit sur l’émotion.</p>
<p>Ce qui fait qu’elle aussi ne va pas sans quelque mystère, que les grands spirituels n’ont jamais prétendu faire disparaître. Je pense qu’entre la mentalité des esprits religieux et celle des physiciens classiques c’était là une des principales différences, car aux yeux de ces physiciens il était, en droit, possible de connaître l’ultime fond des choses, et tout ce qui relevait encore du mystère devait donc finalement être éliminé.</p>
<p>Mais c’est justement là le point à propos duquel ma conception diverge de la leur. En effet, comme nous l’avons vu, le fond des choses, l’Etre, s’y trouve au delà de notre compréhension discursive. Le mystère n’y est donc pas quelque chose de négatif, à éliminer. Il en est au contraire un élément constitutif. L’opposition signalée entre science et religion disparaît donc. Une manière un peu imagée mais parlante d’exprimer ceci est de dire que, telle qu’ils la concevaient, la tâche des physiciens classiques paraissait être de tout expliquer à partir de l’élémentaire, à partir &laquo;&nbsp;du bas&nbsp;&raquo;, en démontrant que les composants élémentaires de la matière se combinent peu à peu pour donner le monde complexe et chatoyant que nous voyons.</p>
<p>Alors que, dans la mesure &#8211; restreinte &#8211; où le mot &laquo;&nbsp;explication&nbsp;&raquo; peut y être employé en la matière, ma conception de la physique actuelle favorise plutôt, comme les religions, une explication &laquo;&nbsp;par le haut&nbsp;&raquo;, c’est à dire, encore une fois, par un Etre, doué d’une mystérieuse unité, et dont l’essence ne nous est pas véritablement accessible par le seul discours objectif. Naturellement ce n’est pas à un scientifique comme moi, ayant passé sa vie à aligner des équations, de vous parler de spiritualité. Je suis à l’extérieur du temple.</p>
<p>J’aimerais redire cependant que je me trouve fondamentalement en accord avec la grande idée directrice de la Fondation Templeton, à savoir que, même sur ce sujet, la science éclaire. Selon moi, elle le fait principalement en rendant non crédible toute construction intellectuelle &#8211; quelle qu’elle soit ! &#8211; prétendant nous fournir un accès discursif au fond des choses rien qu’à l’aide des notions simples que tout le monde a.</p>
<p>En particulier elle nous rappelle que, même si des images sont nécessaires, la lettre tue. Par là elle nous incite à l’approfondissement intérieur, ce qui fait que, finalement, son message n’est pas tellement différent de celui émanant de, disons, les plus beaux des cloîtres romans. Je n’ignore pas, bien sûr, que, dans le monde, la spiritualité revêt maintes formes, et que certaines de celles-ci sont à strictement écarter, soit parce qu’elles sont dévoyées en fanatisme et en apologie de la violence, soit parce qu’elles abusent, justement, de l’endoctrinement et des images simplistes qui soulèvent les foules. Le pire, en la matière, côtoie le meilleur.</p>
<p>Mais le meilleur existe. J’estime avoir de bonnes raisons de croire à ce fond des choses dont je parlais, qui est au delà de nos capacités à conceptualiser et que depuis la nuit des temps des penseurs moins naïfs qu’on ne l’a cru ont appelé &laquo;&nbsp;le divin&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;le sacré&nbsp;&raquo;. Il me plaît de le concevoir comme infiniment aimable, et je suis donc persuadé que ceux de nos contemporains qui croient en une dimension spirituelle de l’existence et qui la vivent sont, finalement, dans le vrai.</p>
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		<title>Deuil j&#8217;y travaille</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 08:46:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chant]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand c&#8217;est fini, c&#8217;est pas fini Deuil, j&#8217;y travaille par Cyril Bennasar LES FEMMES de ma vie vous le diront: je peux toujours faire illusion en écrivant dans Causeur, j&#8217;ai beau pérorer sur des sujets de société, des choses importantes de la vie, je ne connais presque rien. Il y a des régions entières de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=181&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand c&#8217;est fini, c&#8217;est pas fini</p>
<p><strong>Deuil, j&#8217;y travaille </strong><em>par Cyril Bennasar </em></p>
<p><strong>LES FEMMES de ma vie vous le diront: je peux toujours faire illusion en écrivant dans Causeur, j&#8217;ai beau pérorer sur des sujets de société, des choses importantes de la vie, je ne connais presque rien. Il y a des régions entières de l&#8217;âme et du cœur pour lesquelles je reste un étranger, un touriste tout au plus. Par exemple, la mort des autres me laisse totalement désemparé. Le deuil, je n&#8217;y comprends rien.</strong></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-183" title="Cimetière" src="http://gabcloutier.files.wordpress.com/2009/10/cimetiere.jpg?w=216&#038;h=300" alt="Cimetière" width="216" height="300" />Avant de partager mon canapé avec le couillon tombé dans les filets de la SPA, j&#8217;ai eu un premier chien. Je ne voulais pas faire entrer dans la famille un de ces animaux fidèles ou policiers, mais ma fille m&#8217;a eu à l&#8217;usure. Le harcèlement fut long et acharné.</p>
<p>J&#8217;ai commencé par lui faire remarquer que le hamster et les trois chats devaient suffire à combler le manque d&#8217;amour inconditionnel que son père tardait à lui témoigner, mais les chats, ça ne vient pas se coucher au pied quand on les siffle. J&#8217;ai continué en lui expliquant qu&#8217;elle ressemblait de plus en plus à sa mère et que, le temps des garçons venant, elle ne tarderait pas à être comblée, mais rien n&#8217;y fit.</p>
<p>Après avoir conclu nos conversations pendant des années en lui répétant que, moi vivant, aucun cabot ne viendrait habiter sous mon toit, nous sommes un jour revenus d&#8217;un refuge avec une espèce d&#8217;épagneul noir et blanc.</p>
<p>Ce corniaud ne m&#8217;a attiré que des ennuis. Moins d&#8217;une semaine après avoir fait sa place dans la maison entre ma fille et moi, le clébard pointait sa truffe avec, aans la gueule, la cuisse d&#8217;une poule, laissant le reste de la volaille vivante et unijambiste dans le poulailler du voisin. Quelques jours plus tard, il tentait de renouveler la prédation sur le facteur avec moins de succès, ce qui me valut une lettre carabinée de la Poste.</p>
<p>Pourtant, quand ce salaud est mort, je n&#8217;ai jamais eu autant de chagrin de toute ma vie et il m&#8217;a fallu une bonne semaine de pleurs pour pouvoir penser à ce compagnon canin avec regret mais sans douleur.</p>
<p>Combien d)événements sont-ils nécessaires au travail de deuil ?</p>
<p>En revanche, quand ma grand-mère nous a quittés, je n&#8217;ai pas versé une larme. Allez comprendre ! Quelques années après avoir perdu cette grand-mère juive chez qui j&#8217;avais passé beaucoup de mon enfance, j&#8217;ai emmené mon fils en voyage en Israël. Notre visite de Jérusalem nous a menés devant ce qu&#8217;on appelait, quand j&#8217;étais petit, le mur des Lamentations.</p>
<p>Je dois l&#8217;avouer: les vestiges de l&#8217;histoire et de la religion des Hébreux m&#8217;impressionnent beaucoup moins que les Israéliens. Devant les pierres du Temple, je reste de marbre et, si je suis sioniste, c&#8217;est plus par Moshe Dayan que par le roi David. Pourtant, ce jour-là, au pied du Mur, une émotion inattendue est venue me saisir. J&#8217;ai été cueilli par le souvenir du judaïsme tendre de ma grand-mère comme si j&#8217;avais cinq ans. J&#8217;ai peut être été, comme on dit pour les simplets, bercé trop près du mur et, à un moment de ma vie où je ne m&#8217;y attendais plus, sans pouvoir m&#8217;arrêter, j&#8217;ai pleuré ma grand-mère.</p>
<p>Les années ont passé et je me suis trouvé, alors que j&#8217;étais invité, un été, dans une maison de famille, devant une photo de famille. Il faut dire que je ne suis héritier ni de l&#8217;une ni de l&#8217;autre. L&#8217;histoire de France m&#8217;en a privé et je n&#8217;en garde aucune amertume: au moins, je ne passe pas mes vacances à tondre la pelouse et à repeindre les volets.</p>
<p>La photo était celle d&#8217;une grand-mère, alors jeune, dans les noirs et blancs d&#8217;avant, endimanchée et posant sur un sofa, un bouquet de roses à la main.</p>
<p>Cette image où tout ce qui est donné à voir a disparu, cette mise en scène un peu désuète, qui fait sourire, a libéré et ma peine et des larmes que j&#8217;ai eu du mal à endiguer.</p>
<p>Sur la photo encadrée de cette grand-mère inconnue, j&#8217;ai pleuré la mienne.</p>
<p>Combien de temps faudra-t-il à mon cœur pour comprendre que jamais plus, je ne reverrai ma grand-mère adorée ? Combien d&#8217;événements comme ceux-ci, auxquels s&#8217;ajoute l&#8217;écriture de ce texte, seront-ils nécessaires à l&#8217;accomplissement de ce qu&#8217;on appelle le travail de deuil ?</p>
<p>Je n&#8217;en sais rien et, à vrai dire, je ne suis pas pressé de le savoir.</p>
<p><em>CAUSEUR 16 / OCTOBRE 2009</em></p>
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		<title>Un post à X</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 15:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gabcloutier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chant]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher X, Dieu que vous êtes enthousiaste et Dieu que vous vous plantez ! &#171;&#160;Ainsi, on a pu dire, par exemple, que le christianisme était apparu, dans le monde romain, comme une coupure ultra-violente contre toutes les formes de chamanismes et de polythéismes, avec des répercussions effroyables sur les corps et les sexes &#8211; un [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=gabcloutier.wordpress.com&amp;blog=9933133&amp;post=172&amp;subd=gabcloutier&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cher X,</p>
<p>Dieu que vous êtes enthousiaste et Dieu que vous vous plantez !</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Ainsi, on a pu dire, par exemple, que le christianisme était apparu, dans le monde romain, comme une coupure ultra-violente contre toutes les formes de chamanismes et de polythéismes, avec des répercussions effroyables sur les corps et les sexes &#8211; un big bang dont les découvertes de la psychanalyse peuvent être entendues comme un lointain écho : deux mille ans plus tard, nous n’en sommes pas encore tout-à-fait remis.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Dîtes-vous&#8230; Mais relisez-donc un peu votre Histoire ! Réapropriez-vous votre christianisme ! Car vous êtes chrétien, n’est-ce pas ? &laquo;&nbsp;On a pu dire&nbsp;&raquo;. Oui &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; ! Mais ce &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; est purement révisionniste ! Et qui est donc ce &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; ?&nbsp;&raquo; Celui qui vociférait contre le Pape B16, ce jours derniers ? Très probablement. Le christianisme marque la fin de la barbarie justement et il est loin d’être accompli ! Tout comme nous sommes loin de nous aimer les uns les autres. Réformes et révolutions (ratées et meurtrières la plupart du temps) n’y ont rien fait. Mais Dieu ! Jeter le bébé avec l’eau du bain comme vous paraissez le faire !</p>
<p>Il y a quelques temps de cela je suis tombé en arrêt au rayon librairie de mon supermarché préféré. Celui où je vais m’approvisionner en consommables divers. Cotoyant les habituels manuels de spiritualité ordinaire et autres écrits lénifiants du Dalaï Lama, théocrate mondial, un bouquin fraichement sorti des presses et donné en pature au badaud : &laquo;&nbsp;L’esprit de l’athéisme : introduction à une spiritualité sans Dieu&nbsp;&raquo; Comte-Sponville, André, 2006. J’éclate tout d’abord de rire, comme ici. Et une image me vient, comme ça, spontanément : yaourt light. Bouffer sans grossir, autrement dit. Les avantages sans les inconvénients. Croire dans un fauteuil, bien au chaud et sans le moindre risque. Le nec-plus-ultra, le prêt-à-penser, prêt-à-jeter. La spiritualité en pantoufles. Car oui, c’est ça et ça colle avec l’esprit du temps. Surtout, surtout, ne prendre aucun risque. La religion light 0%.</p>
<p>Mais Dieu me suis-je ensuite dit ? Pourquoi SANS Dieu ? Qu’a t’il donc tant fait, mon pauvre Dieu, pour que son nom, que dis-je, sa simple évocation suffise à faire fuir la badaud ? Et son absence à l’attirer ? Et qu’a donc tant fait ma religion pour faire aussi peur que ça ? Pour être aussi dénigrée ? Franchement, franchement ! Je vous sens pourtant bien homme à regretter demain la mort de Dieu ! &laquo;&nbsp;L’ontogenèse récapitule la phylogenèse.&nbsp;&raquo; Comment puis-je ne pas m’esclaffer ??? L’homme d’aujourd’hui poursuit les mêmes buts que celui d’hier, voyons ! Ne vous étonniez-vous pas hier des capacités de notre cerveau ? Inexploitées donc ! Et depuis quand ? Où voyez-vous de la phylogenèse là-dedans ? Il y a certes une évolution historique basée sur de grands principes et de grandes visions. Anne Dambricourt vient d’amorcer une remise en question des conceptions que nous avons de nous-mêmes. Coppens s’interroge ! Et je ne parle pas de Jean Staune qui fait le constat de l’avènement d’un nouveau paradigme dont l’intégration nous prendra des décennies, toute flêche du temps déployée !</p>
<p>Ramakrishna a eu cette phrase incroyable : &laquo;&nbsp;Dieu est sur le toit, peu importent les moyens d’y grimper&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Oui, peu importent ! Mais enlevez Dieu de ce toit-là,&#8230; qui aura demain l’idée d’y grimper ???! Car Dieu, notre Dieu de chrétien est un Dieu incroyable, savez-vous ! Regardez-le sur sa croix rendrre toute chose nouvelle ! Chez lui, c’est l’engagement qui prime, c’est la virilité ET la féminité, bref, le courage. Les siècles l’ont démontré. Les bouquins d’Histoire l’attestent. Notre civilisation, la plus riche et la plus féconde qui ait jamais vu le jour, est bel et bien chrétienne. Ca se voit comme le nez au milieu de la figure ! Et il nous aime en plus, ce Dieu-là. Il s’annonce comme père et amour. Un saut qualitatif hstorique dont l’improbablilité n’est plus à démontrer. Un affront à la barbarie et à l’exploitation de l’homme par l’homme ! Dois-je parler de frère Roger ? Dois-je parler de cet amour authentiquement vécu par des millions de chrétiens ? De cette énergie confondante que leur Dieu leur instille ? Et s’il vous plait ne me parlez pas d’Inquisition ! Parlez-moi plutôt de Pologne, d’ONG, de dévouement, d’espoir !</p>
<p>Pourquoi refuser tout ça ? En quoi l’image de l’injustice crucifiée peut-elle encore être choquante et en quoi est-elle toujours, peut-être plus que jamais, actuelle et opportune ? Un cri lancé aux siècles. Les hommes ne souffrent-ils pas assez, que ce symbole ne puisse les représenter ?</p>
<p>Ne sommes-nous pas, nous, occidentaux, comme vous l’avez placé hier dans la bouche d’un aborigène, le &laquo;&nbsp;rêve de Jésus-Christ&nbsp;&raquo; ?</p>
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